Compte rendu de la session Accessibilité à l’Open World Forum 2013 (Table ronde avec les experts)

Introduction de Véronique Torner (Co-présidente de Alterway)

Véronique Torner a indiqué que c’est la première fois que l’accessibilité numérique est représentée à l’Open World Forum et s’est félicitée de la mobilisation de l’écosystème pour cette session.

Elle indique qu’un partenariat avec Braillenet est en train de se faire pour les prochaines sessions de l’Open World Forum et également pour le Forum Européen de l’accessibilité numérique (FEAN)

Introduction de Dominique Burger (président de Braillenet)

Dominique Burger a énoncé quelques chiffres éloquents en matière de handicap :

  • 650 millions de personnes sont porteurs d’un handicap dans le monde
  • 100 millions en Europe

Le pouvoir d’achat en Europe des personne handicapées est estimé à 300 milliards euros

Il a ensuite rappelé que l’accessibilité repose depuis bien longtemps sur des standards ouverts :

  • Braille (1825) : le 1er code binaire
  • ASCII
  • Protocoles d’échanges TCPIP
  • HTML/XML
  • EPub 3

L’accessibilité est également promue par le W3C et ses recommandations, nommées les Web Content Accessibility Guidelines (WCAG) , s’appliquant aussi bien au web qu’aux applications et aux documents.

A noter que le prochain Forum Européen de l’Accessibilité Numérique aura lieu le 31/03/2014, le thème étant : L’utilisateur au cœur de l’accessibilité numérique.

Introduction de Frédéric Vinzent, (Consultant chez Alterway)

Frédéric Vinzent a donné quelques définitions de l’accessibilité :

  • un corpus de règles : approche multi métiers,
  • capacité techniques à présenter le contenu,
  • une levée des blocages

Lorsqu’on parle d’inaccessibilité : sur 100 personnes, 20% ont rencontré des difficultés d’accès aux contenus, 10% ont un vrai handicap.

L’accessibilité est portée par un cadre réglementaire dans de nombreux pays.

En France, les référentiels accessibilité utilisés sont le Référentiel Général d’Accessibilité pour les Administrations (RGAA) et Accessiweb.

Frédéric Vinzent a insisté sur le fait que la prise en compte de l’accessibilité représente de la valeur sur toute la chaîne de production de sites web et qui apporte donc de la qualité et des bénéfices.

Il a cité ensuite quelques idées reçues à bannir dans ce que peut représenter l’accessibilité web aux yeux de personnes non informées :

  • une sur couche
  • un surcoût
  • un graphisme dégradé
  • un sujet trop technique
  • un "tout ou rien"
  • un état fini et stable une fois avoir pris en compte le sujet

L’accessibilité doit donc être considérée comme un principe de conception :

  • Une fondation
  • Un coût intégré à la conception
  • Tout public
  • Transversale

En route vers l’accessibilité : comprendre et adopter l’accessibilité web (Livre Blanc édité par les consultants d’AlterWay

Améliorer la lisibilité typographique, par Romy Duhem-Verdière (Consultante chez Alterway)

Romy a pris l’exemple du site PC impact où la typographie est extrêmement petite et difficile à lire.

On a pris l’habitude d’écrire petit sur le web. Cela vient des codes du monde du "print" où on écrit du 11 points et les concepteurs web ont souvent reproduit ceci à l’écran. Or, 16 pixels est le standard à l’écran pour une bonne lisibilité.

Romy a énoncé quelques chiffres en rapport avec la problématique de la lisibilité à l’écran :

  • 25% de la population ont plus de 50 ans
  • 10% de la population est dyslexique
  • 10% des personnes de sexe masculin sont daltoniens
  • 50% de la population porte des lunettes correctrices.

Comment améliorer la lisibilité des pages web ?

Pour ce faire, Romy a cité quelques critères d’accessibilité présents dans le référentiel Accessiweb :

  • Avoir un contraste suffisant entre l’arrière plan et le premier plan
  • Pouvoir effectuer des Zooms
  • Pouvoir identifier les liens hypertextes
  • Ne pas avoir de texte justifié
  • Avoir des largeurs de lignes ne dépassant pas 80 caractères
  • Avoir des interlignages suffisants

Les diapositives de la présentation sur le slideshare de Romy

Méthodes d’évaluation rapide de l’accessibilité d’une page web, par Romain Gervois (Consultant chez Qelios)

Romain a réalisé une évaluation avec la web developper toolbar qui peut être chargée dans Firefox.

Sa méthode : Enlever les CSS afin de tester l’accessibilité des contenus

Il a pris comme exemple de test le site du CCAH.

Grâce aux fonctionnalité de cette barre outil, il a pu effectuer quelques vérifications d’accessibilité sur les éléments suivants :

  • Les images où il a testé la présence ou non des attributs alt
  • Les iframe où il a testé la présence ou non des attributs title
  • Les tableaux où il a testé la présence ou non de résumé
  • Les liens où il a testé la présence ou non de liens explicites
  • La structure où il a testé le respect d’une titrisation correcte avec les balises Hn.
  • Les formulaires où il a testé la présence ou non des étiquettes liées aux champs de saisie
  • La navigation où il a testé la présence ou non de liens d’accès rapides

Les diapositives de la présentation sur le slideshare de QELIOS

Présentation de réseautage social accessible, par Sylvie Duchateau (Braillenet)

Sylvie a présenté les aides techniques lui permettant d’accéder au web : un PC, le lecteur d’écran NVDA et sa plage Braille.

Elle a parlé de la problématique des réseaux sociaux comme Facebook, Twitter, Google+ ou LinkedIn qui n’ont pas été conçus de manière accessible.

Elle ajoute que la participation active des internautes sur ces réseaux n’arrange rien car ceux-ci ne sont bien sûr pas sensibilisés à l’accessibilité.

Quelles solutions ?

  • Abonnements par mail : les notifications ou les résumés d’activité des réseaux sociaux sont plus souvent accessibles par ce biais
  • Utilisation des applications mobile : Celles ci vont souvent à l’essentiel et c’est plus facile d’accéder à l’information
  • Utilisation de WAI ARIA : "Nouvelle norme" que les éditeurs doivent implémenter sur leurs sites afin de faciliter l’accessibilité
  • Utilisation d’applications tierces accessibles

Exemples d’applications tierces accessibles

Instantbird

Instantbird est une application multi plateformes : Facebook, Twitter, Google Mail, Chat, IRC.

Sylvie a fait une démonstration en séance d’un chat avec Instantbird.

The Qube

The Qube est une application qui tourne en arrière plan pour Windows : Twitter, Google+

Cette application est entièrement pilotable au clavier.

L’accessibilité évaluée par le logiciel libre : Tanaguru, par Mathieu Faure (Directeur de Open-S)

Mathieu a mentionné le livre "La Cathédrale et le Bazar", comme point de départ de la création de sa startup pour concevoir Tanaguru, outil dont il avait besoin en tant qu’expert pour évaluer l’accessibilité de sites web.

Les objectifs de Tanaguru : Évaluation automatisée de l’accessibilité

  • Sites web
  • Intranets
  • Gabarits
  • Applications full javascript

Selon lui, 30% des tests d’évaluation sont complètement automatisables par Tanaguru et ce dernier est capable de restituer les résultats des évaluations de manière packagée.

Pour information, ce logiciel libre (Licence AGPL) représente environ 60000 lignes de code.

Mathieu indique l’existence de 2 autres sites liés à l’accessibilité qu’il édite :

Les diapositives de la présentation sur le slideshare de Open-S

Méthode et accompagnement de projets avec AcceDe Web, par Sébastien Delorme (Atalan)

Sébastien a rappelé la problématique des référentiels existants (RGAA et Accessiweb) en phase de conception ; ceux ci sont difficilement utilisables par les acteurs de la chaine de production web.

Les objectifs de AcceDe Web sont orientés projet et consistent à mettre à disposition des directives adaptées aux métiers de la chaîne.

3 catégories de métier ont été retenues :

  • Graphistes
  • Intégrateurs
  • Contributeurs

Le Projet AcceDe Web a été mené par la société Atalan avec 10 grandes entreprises françaises et c’est une base de connaissance libre à tout à chacun.

Sébastien a présenté 2 sites ayant utilisé les fiches méthodologiques AcceDe Web dans la conception projet :

  • Loreal (notamment concernant la gestion des animations)
  • Spie (notamment sur la gestion du focus en naviguant au clavier)

Le Projet est open source et il y a eu un travail de traduction avec AbilityNet (Royaume Uni), Adobe, Anysurfer (Belgique), etc.

Les traductions en anglais sont prévues le 18/10/2013.

Les diapositives de la présentation sur le slideshare de Sébastien Delorme

Accessibilité pas à pas, par Aurélien Lévy (Directeur général de Temesis)

Aurélien a rappelé l’importance des bonnes pratiques de conception HTML.
Celles ci ont d’ailleurs été formalisées sur le site Opquast Step 1 / Step 2

Elles représentent une base de l’accessibilité, un socle technique de base pour de l’amélioration progressive.

Aurélien a prôné un apprentissage agile de l’accessibilité avec les points suivants :

  • un codage à 4 mains (développeur et expert accessibilité)
  • des tests et améliorations itératives à périmètre limité
  • une assistance en ligne

Il a mentionné également l’existence de Opquast desktop (extension Firefox, produit open source réalisé par Temesis et qui permet d’analyser le Document Object Model (DOM) des pages web)

Libre et accessibilité, par Armony Altinier (Directrice d’ACS Horizons.)

Armony a rappelé les fondements des libertés associées au Logiciel libre :

  • Liberté d’exécuter
  • Liberté d’étudier et de l’adapter à ses besoins
  • Liberté de redistribuer
  • Liberté de partager

Elle a présenté le handicap comme étant une limitation de la liberté, d’où la prise en compte de ce sujet dans les fondements de la communauté du "libre" :

"Une question de priorité !"

Pour aller plus loin sur cette thématique, lisez l’article d’Armony : L’accessibilité, une question de liberté ? Dialogue avec Richard…

Armony a aussi repris l’annonce (inquiétante) du W3C, intégrant le format EME (encrypted média extension) dans HTML5.

Les risques : un contrôle aux éditeurs et non plus aux navigateurs, une voie ouverte pour d’autres verrouillages et d’autres restrictions.

A ce titre, les participants ont mentionné le Traité de Marrakech traitant de mise à disposition des contenus avec droits d’auteurs pour les personnes handicapées et ont rappelé les limites et les contraintes législatives des différents pays signataires

Retours d’expérience de projets web dans les secteurs publics et privés ayant pris en compte l’accessibilité

Je vous invite à lire l’article publié sur CIO Online.

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